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Grand suspens au Grand Rocher

L'histoire d'une paire de raquettes qui arrive 5 m au-dessus des nuages

Première sortie en raquettes (pour moi ), premières ampoules dans les chaussures d'hiver, premières gouttes au nez sous le vent glacial de la crête du Grand Rocher, mais surtout premières vues splendides sur les pics saupoudrés de Belledonne, et ce n'était pas gagné !

Fallait-il être optimiste pour se lancer à l'assaut du brouillard qui était malicieusement accroché à toutes les crêtes depuis le Crêt du Poulet jusqu'au Grand Rocher. Sur le parking du Foyer de ski de fond du Barioz, l'ambiance était brumeuse et pâle. A quelques dizaines de mètres au-dessus de la tête, une chape ; en face, sur les hauts de Chartreuse, une chape ; en peu vers l'est sur le Granier, une chape. Aucun sommet ne dépassait, alors que la vallée du Grésivaudan se délectait d'un soleil radieux. Les deux autres raquettistes présents et moi avions beau souffler tout ce que nous pouvions, les nuages restaient fermement accrochés aux barres rocheuses.

Bon ... quitte à être monté ici sans pneus neiges, autant partir à l'aventure ! Au pire, ce sera un paysage feutré, calme et propice à dissoudre les idées noires dans un manteau blanc. Au mieux, la même chose, mais avec un soupçon de pics et de pointes. Direction le Lac de Crève-Cœur, le Chalet de Pierre Roubet, la forêt un peu au pif, les crêtes et finalement le Grand Rocher.

Et le suspens fut total ! La montée se déroula entièrement dans une purée de pois, à ne pas y voir à 20 mètres. Toute la montée ? Non ! Un petit replat peuplé d'irréductibles épicéas résistait encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'était pas facile pour les garnisons de brumes romaines des camps retranchés de Bariozum, Pouletum, Allevardum et Theysum. Ni une ni deux, je profitais de ce moment pour prendre quelques photos : lune, soleil, neige, Lances de Malissard et arbres givrés. Puis, plus rien, retour dans les abymes blafards et décolorés, où seules les traces d’animaux nous rappellent que la vie s’agite tout autour de soi.

A mesure que je progressais, l’altimètre se rapprochait dangereusement de 1926, point culminant du parcours, et le bleu du ciel se faisait toujours timide. Mais l’espace d’un instant, les nuages se déchirèrent et la Pointe de Comberousse apparut, majestueuse et écrasante, au-delà des quelques épicéas courageux et torturés qui eurent la bonne idée, il y a quelques décennies, de s’installer aux abords de la crête. Peut-être que le Grand Rocher offrira quelques vues ?

Au Grand Rocher, rien … Une croix, quelques cailloux, une neige balayée par une bise glaciale, et un champ de vision de 20 mètres. Le raquettiste trouvait alors un peu de réconfort dans des gâteaux au chocolat préparés par ses soins, et commençait, semble-t-il à parler de lui à la troisième personne.

Mais l’histoire se termina bien (la boîte de gâteaux aussi !) et je repris rapidement le « je »  car les nuages descendirent progressivement de quelques mètres, juste ce qu’il fallait pour me retrouver face aux pics, cols, passages, rochers, roches et pointes de Belledonne. Depuis les Grands Moulins jusqu’au Grand Pic de Belledonne, en passant par le Grand Charnier, le Pic du Frêne, la Pointe de Bacheux, le Grand Morétan, le Gleyzin, la Pointe de Comberousse, le Rocher d’Arguille, le Pic de la Grande Valloire, la Pointe Badon, le Rocher Blanc, les Aiguilles de l’Argentière - et j’en passe -, toutes les montagnes y étaient. Immobiles, éternelles, douces, inaccessibles.

Mais il fallait tôt ou tard retourner au foyer de ski de fond, et redescendre de quelques mètres pour plonger dans cette blême mer de nuages qui me narguait. Je râle, mais le retour fut très plaisant : les images des montagnes enneigées se baladaient dans un coin de ma tête, aucune trace n’était présente entre le Grand Rocher et le Crêt du Poulet, aucun bruit autre que les raquettes qui écrasaient le manteau neigeux, une biche qui ne m’avait pas senti arriver détalant à tout allure à quelques mètres.

Une belle sortie !

 



Pointe de Comberousse La trace Vent et froid Pic du Frêne Rocher d'Arguille Combe de la Grande Valloire Pointe Badon Croix du Grand Rocher Retour dans les nuages

Au sommet, le 1 er ortobre 2017
Geneviève Dupuis
le 15 nov.
En effet, au premier octobre 2017, croix démontée ; voir la photo supplémentaire !
Pierre Mérian - le 15 nov.
Ah ben voilà, nos messages se sont croisés !
Geneviève Dupuis
le 15 nov.
La croix a dû être ré-implantée récemment, car la précédente fois, avant la neige, elle était brinqueballante !
Alleluia !
Pierre Mérian - le 15 nov.
La croix n'était en bois d'ailleurs ? Maintenant, elle est en métal vert et plus petite il me semble
Geneviève Dupuis
le 14 nov.
Pierre, comment se portent les raquettes, après une si changeante rando ?
Comme d'hab, je résume : booô ! encore plus quand la brume alterne avec la vue ensoleillée !
Merci !
Pierre Mérian - le 14 nov.
Les raquettes vont bien Elles sont au coin du feu et se réchauffent !